Les mots remontent à la surface. Comme la vase porte en elle la fleur, sans le savoir.
Je ne les aide pas, je ne les pousse pas, les agitent à peine. Je les passe au tamis de l’amour, il filtre une vie entière, et ce n’est pas de trop.
Il y a de l’or dans les choses sales. Dans la terre, dans les pierres, dans ce qui tombe et ce qui blesse. Les envoyés de l’au-delà le savent. Personne ne les écoute vraiment, étant trop occupé à bâtir de beaux édifices à la gloire de ce qu’on tient déjà entre les mains.
À force de regarder le ciel, on a cessé de voir les nuages.
Ce sont pourtant eux qui gardent les légendes. Eux qui nous content les anciens. Lentement. Sans demander qu’on lève les yeux. Ils ne nous demandent jamais rien et arrose abondamment les esprits fertiles.
Plus je vieillis, plus l’amour est efficace. C’est sa manière à lui de me remercier.