Cette nuit, à trois heures, il a été deux heures. Une heure entière a eu lieu deux fois, au-dessus de toute la France endormie.
Ce fragment part d’un geste minuscule, le pouce qui fait reculer l’aiguille de la vieille pendule de la cuisine, un dimanche matin d’automne. Puis il suit cette heure étrange que personne n’a réclamée. Les clochers de village qui ont sonné deux fois les mêmes deux coups, les trains de nuit immobilisés dans des gares désertes, les enfants nés pendant la seconde traversée et plus âgés que leurs cadets sur le papier.
Il descend ensuite vers ce que nos cadrans recouvrent. Le soleil qui s’est levé comme hier sans rien savoir, le bâton planté dans un jardin qui donne le vrai midi, les villes qui avaient chacune leur heure avant l’arrivée du chemin de fer, ces heures anciennes qui s’allongeaient l’été et se resserraient l’hiver.
Puis il remonte vers ce soir. La nuit qui tombera tôt, les fenêtres qui s’allument une à une, la maison qui se resserre autour de ceux qui l’habitent.
Un épisode sur une heure prêtée au printemps et rendue à l’automne, et sur toutes les autres, celles que nous vivons une seule fois.
À écouter au calme, les yeux fermés.
L’épisode est disponible ici et sur toutes les plateformes habituelles.