Contemplation, Poésies

43. Réflexions d’un homme vieillissant

·David

Je n’ai pas toujours été poète,
Devrais-je, pour autant, mourir homme bête ?

J’ai été paresseux, colérique, égoïste, envieux, orgueilleux…
Maintenant, vieux…
Finalement, comme tout à chacun,
Je n’ai jamais voulu le malheur d’aucun.

Ma vie ne fut rien de plus que la vôtre,
Un océan turbulent.
Je n’ai pas toujours su dire « je t’aime »,
Je l’ai pourtant toujours reconnu,
Elle que j’ai tant voulue.
Pardonnez-moi de n’avoir pas toujours su,
De n’avoir pas toujours pu.

Demandez-moi si j’aimerais réparer mes erreurs,
Je vous répondrai que « la route est ainsi faite, quand elle est faite avec le cœur ».
Clairsemée de mes faux pas,
Me faisant aimer ceux que j’ai faits de côtés.
Mes fautes sont autant de notes jouées,
Dont je n’entends plus que les derniers mouvements d’une symphonie orchestrée.

Maintenant, éternellement seul face à l’océan,
Mon corps me lâchant, j’avance doucement sur le parchemin.
Vieux, tant d’histoires gravées dans ma chair.
Comme pour aller chercher mon âme au fond,
Mais l’océan est si profond.

Le corps usé,
Je ne cherche plus le bonheur,
Plus rien d’ailleurs.
Bientôt, je ne ferai plus face à cet océan.
Je me noierai en lui,
Ayant compris que l’amour résidait ici.

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