Je monte les marches,
une à une,
le dos lourd d’une vie durement vécue.
Arpentant un ciel que les mythologies m’ont conté,
suggérant leurs images d’une conscience à peine perçue.
Me voici,
pénétrant dans l’enceinte lumineuse,
au bout du marbre teinté des couleurs d’un ciel noir, trop connu.
Le froid, le vide, cette lourde porte et mon cœur tremblant si fort dans la cage de mon corps pâle,
à la terre rendu.
Enfin léger,
percevrais-je, en l’instant, la vie telle que je l’aurais dû ?
Non comme ce fardeau qui m’a si souvent, en deux, fendu ?
Je n’ai d’autre choix que d’être là,
ici et maintenant, autrement.
Entier pour savourer la poésie du chant des secondes éternelles s’égrenant d’un amour jamais rompu.
Le bois s’entrouvre devant moi, au rythme de mes pas.
Elle est si grande et si large que je n’en vois pas le bout,
et son odeur ténue…
Je ne saurais oublier ce moment, disparaissant.
Son visage et son regard emplis du froid et des flammes, toute ma vie maintenant contenue.
D’une voix profonde et claire,
il prononça les mots, cette phrase, dont je ne me souviens plus.
Je ne saurais vous dire en cet instant,
mais sa voix glissa sur moi, à travers moi, emplit l’espace
figea instantanément la toute dernière chose que réellement je fus.
De mes yeux les larmes roulèrent jusqu’à la plante de mes pieds,
jusqu’à me noyer dans un océan de remords et de joie.
Du temps et des choses entièrement fondus.
Le liquide vibrant ne fit plus qu’un en mon âme,
dernier contenant d’une histoire déjà plus qu’entrevue.
Je suis partie et, oui, je ne me suis plus battue.
Mon cœur ne souhaitait désormais que la paix et non les horizons distordus de l’humain corrompu.
J’ai illuminé le noir des cœurs.
J’ai percé les secrets les mieux cachés.
Il n’y a rien que je n’aie su ou obtenu.
Ses mots me reviennent maintenant…
D’une voix douce et clair…
« Il n’y a rien que tu puisses faire qui changera la fin. »
Ce poème, je l’ai écrit dans l’avion de retour de San Francisco. Un long vol entre sommeil et écriture. Le fruit mur d’un rêve que je vous partage. La photo en illustration a été prise par moi dans la librairie et maison d’édition qui a écrit un bout de l’histoire de San Francisco City Lights
