51. À l’indompté

Fermement attaché à la crinière d’un cheval déchaîné,
Mon cœur galopait déjà à travers les vastes plaines de nos rêves.

Saisi par l’indifférence en pleine course effrénée,
Voilà ce que le temps et les circonstances nous ont offert.
Mon âme en a souffert, et peut-être la tienne aussi.

L’amour est un vertige.
Monter sur son dos est l’apanage des courageux,
De celui qui n’a pas peur de mourir à l’intense,
De s’offrir aux lassitudes de l’habitude,
Il est peut-être le plus insensé de tous.

Désormais, n’étant plus ces enfants innocents,
Dire adieu est devenu plus facile que de prononcer nos « je t’aime ».
Se fondre dans l’ardeur d’un cœur vibrant est aussi difficile que de s’incliner devant l’éphémère.
À la vie, en somme, peut-être.

Nos épaules, chargées des fagots de nos histoires,
Ne nous réchauffent même plus au cœur de ce rude hiver.
Nous laisserons leurs mots éphémères peser de tout leur poids.
Mais je le traverserai, avec force et courage, dans l’espoir de te réchauffer,
Peut-être…