Je marchais depuis longtemps.
Je ne savais plus pourquoi et c’est peut-être pour ça
que mes pieds continuaient.
Les ronces ne font pas mal
quand on a cessé de vouloir arriver.
Elles griffent doucement, comme un rappel, me disant
« tu es vivant, tu es là, tu saignes un peu,
c’est pour ton bien. »
Le soleil était d’argent.
Pas d’or, mais oui d’argent.
Celui des fins d’après-midi qui pardonnent tout.
Et puis elle était là.
Pas dressée, pas triomphante,
simplement là, comme une lumière
qui n’attendait rien de particulier
et qui pourtant m’attendait.
J’ai pleuré.
Non pas de joie, non pas de peine, de reconnaissance, peut-être.
Ce mot qu’on emploie mal
et qui veut dire « je savais que tu existais,
quelque part, avant même de le savoir. »
Elle dansait un peu, au loin.
Ou c’était l’air entre nous deux
qui ne tenait plus en place…
Mon cœur débordait.
C’est la seule chose qu’il sache vraiment faire, le cœur,
déborder.
On croit qu’il pompe, qu’il mesure, qu’il décide.
Non. Il déborde, c’est tout.
Et quand il déborde, on touche quelque chose
qui n’a pas de nom
mais qui ressemble fort
à une maison.
L’universelle,
ce n’est pas ce qu’on cherche.
C’est ce vers quoi on revient
les mains vides
et le visage ouvert.
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