Chères auditrices, chers auditeurs, bienvenue sur ce nouvel épisode du podcast du site VoiePoetique.com.
Je suis David, l’animateur de ce podcast et écrivain-poète de l’ensemble des textes présents sur VoiePoétique.com et aujourd’hui nous allons explorer ensemble l’un des territoires les plus intimes et les plus vertigineux que la poésie ait jamais osé traverser, la rédemption cette étrange alchimie par laquelle l’être humain, depuis le fond de sa chute, trouve le chemin qui le ramène à lui-même.
Il existe des mots qui portent en eux le poids de toute une civilisation. La rédemption est de ceux-là. Mot latin
redemptio qui signifie d’abord le rachat, le fait de reprendre ce qui avait été perdu ou vendu, de payer la rançon d’un captif pour lui rendre la liberté. La métaphore est corporelle, économique même, avant d’être spirituelle : quelque chose a été aliéné, quelque chose manque, et il faut aller le rechercher dans les profondeurs où il s’est perdu. Ce mouvement descendre pour remonter, perdre pour retrouver, tomber pour se relever autrement est le mouvement même de la poésie dès qu’elle s’aventure au bord de ce que l’existence a de plus opaque.
Et pourtant, la rédemption dont nous allons parler ce soir n’est pas d’abord théologique. Elle n’est pas l’affaire d’un dieu ou d’une doctrine. Elle est humaine, irrémédiablement humaine elle naît de la conscience de la faute, de la chute, du manquement à soi-même ou à l’autre, et elle cherche non pas l’effacement de ce qui s’est passé mais quelque chose de plus difficile encore, une façon de continuer à vivre avec, de transformer la blessure en source, la cassure en ouverture. C’est ce chemin-là que les poètes ont emprunté depuis des siècles, avec une lucidité et un courage qui nous regardent encore.
Laissez-moi vous lire d’abord un poème. J’ai choisi un texte de Marina Tsvetaeva, poète russe née en 1892, morte dans des circonstances déchirantes en 1941, dans un village de l’Oural où elle venait d’être évacuée avec son fils, abandonnée de tous, après une vie de deuils, d’exils et de choix impossibles. Ce poème bref, écrit dans les années 1920, porte en lui toute la tension entre la faute reconnue et la grâce cherchée sans savoir encore si elle viendra.
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