Amour, Poésies

88. Parfums du temps

·David

5h00 – Certains disent que se réveiller à cette heure est signe de tristesse
5h01 – M’aime-t-elle encore ?
5h02 – M’a-t-elle seulement aimé un jour ?
5h03 – Mes draps gardent la mémoire des parfums de son corps
5h04 – Mes doutes prennent la forme de ses silences…
5h05 – Chaque battement de cœur compte les heures depuis son départ
5h06 – Je relis ses messages comme on prie des textes venus de si loin…
5h07 – Les mots qu’elle n’a pas dits pèsent plus lourd que ses promesses
5h08 – L’aube hésite au seuil de ma fenêtre, comme elle à ma porte avant son grand départ
5h09 – Peut-on aimer quelqu’un qui nous échappe comme le sommeil
5h10 – Mes pensées tournent en boucle, prisonnières de son nom et son image
5h11 – Le jour se lève sur mes ruines intérieures
5h12 – Dans la pénombre, je distingue de plus en plus mal le réel du rêvé
5h13 – Combien de nuits faudra-t-il pour qu’une nuit suffise
5h14 – Je cherche son visage dans les plis de mon oreiller
5h15 – Le quart d’heure sonne comme un glas
5h16 – Mes souvenirs d’elle sont plus réels qu’elle ne l’a jamais été, au fond,
5h17 – Aimer, c’est peut-être inventer l’autre plus que le connaître
5h18 – Chassant les ombres, les premières lueurs révèlent l’étendue de ma solitude
5h19 – Je me demande si elle pense à moi en cet instant
5h20 – Vingt minutes que je compte ce qui ne se compte pas
5h21 – La douleur se fait familière, presque confortable
5h22 – Dans l’insomnie, on apprend la géographie de son propre vide
5h23 – Les oiseaux commencent leur chant, indifférents à mon chagrin
5h24 – Peut-être que la souffrance aussi a sa beauté cachée
5h25 – Je respire lentement, comme on réapprend à vivre
5h26 – Chaque minute m’éloigne d’hier et me rapproche de demain
5h27 – L’espoir est cette lumière timide à l’horizon
5h28 – Je commence à voir que l’amour n’est pas que possession
5h29 – Son absence m’enseigne ce que sa présence ne pouvait dire
5h30 – La demi-heure sonne, je suis à mi-chemin de quelque chose…
5h31 – Entre la nuit et le jour, j’existe dans l’entre-deux
5h32 – Mes larmes ont séché, laissant place à cette lucidité salée
5h33 – Je réalise que je peux survivre à l’impossible
5h34 – Le manque aussi est une forme de présence
5h35 – Dans le silence, j’entends enfin ma propre voix
5h36 – Peut-être que perdre l’autre, c’est se retrouver soi ?
5h37 – Le ciel se teinte de rose, couleur de cicatrisation
5h38 – Mes pensées deviennent moins tranchantes, presque douces
5h39 – J’accepte que certaines questions restent sans réponse
5h40 – Le temps file entre mes doigts comme du sable doré
5h41 – Chaque instant est une petite mort puis une petite naissance
5h42 – Je comprends que l’amour n’a pas de fin, seulement des métamorphoses
5h43 – Mon cœur bat encore, preuve que je peux encore aimer
5h44 – La lumière grandit, dévoilant les contours d’un nouveau monde
5h45 – Trois quarts d’heure, je me relève de mes cendres
5h46 – Ce qui m’a brisé peut aussi me recomposer autrement
5h47 – Je suis l’alchimiste de ma propre transmutation
5h48 – Chaque seconde qui passe est un acte de courage
5h49 – Le présent n’appartient qu’à ceux qui osent l’habiter
5h50 – Je lâche prise, et le poids s’allège enfin
5h51 – L’aube est pleine, magnifique dans son immuabilité
5h52 – Je remercie la douleur de m’avoir appris la profondeur
5h53 – Dans ma solitude, je découvre une étrange plénitude
5h54 – Le temps ne guérit pas, il transforme
5h55 – Cinq minutes avant l’heure, je sens quelque chose changer
5h56 – Mon souffle s’harmonise avec le rythme du monde
5h57 – Je ne suis plus prisonnier de ce qui fut
5h58 – L’instant présent devient enfin habitable
5h59 – Une minute encore, et tout sera différent
6h00 – Le temps est le geôlier autant que la clé, la prison autant que la libération
6h01 – Infiniment, j’aime le parfum de cette fleur qui renaît à chaque aurore

Un poème que j’ai composé comme une ode à la distance entre deux êtres et le temps.
Sa composition a réellement commencé ce 30 septembre 2025 à 5h00 du matin et à chaque minute, durant une heure, une pensée puis l’espoir.
Ce poème ce lit également sans l’évolution des minutes même si elles lui donnent tout son sens.

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