Amour, Poésies

87. Mesure

·David
À toi qui calcules en grammes le poids des silences
À toi qui n’as jamais su écouter sans tes règles
Qui convertis chaque émotion en unités de tes distances parcourues
À toi pour qui l’amour se dose comme un poison que tu ingurgites chaque jour lentement
À toi qu’on n’étonne plus avec un mètre ou une balance car tu as déjà tout mesuré et tout pesé.

Et si soudainement la vie refusait tes étalons, tes références gravées dans ton marbre terne ?
Si chaque instant inventait sa propre mesure, incommensurable à celui d’avant ?
Puisque demain ne se mesure pas en millimètres d’hier et que l’inconnu n’a que faire de tes échelles…

 

Accroche donc ta blouse au vestiaire
Oublie les instruments de ton propre malheur
Et mesure enfin avec ton cœur
Vis sans unité et sans repère
Laisse-toi déborder par l’un-mesurable passion de simplement être.

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