Podcast, Poésies

83. Lucifer (ou Prométhée ou Hephaistos ou Hermès ou Héka ou Les Kabiri…)

·David

Les ombres tombèrent du ciel
En lames de feu consumées
Recouvrant la terre d’une odeur de braises
Me rappelant aux pensées d’un futur déjà éteint.
Nul devin, ni divin ici, ne sauvera cette terre brûlée.

Être soleil ardent a toujours été son souhait, je le sais bien,
Mais comme à l’accoutumé,
Uniquement une lueur, il sera ceci ou rien.
Incarner les enfers, enfin concrètement, révélerait son essence véritable…
Et l’ange tombe indéfiniment du ciel
En une vision d’Apocalypse qui n’en épargnera aucun.

En cette fin des temps,
Je suis assis là, sur ce rocher,
Écoutant les murmures du vent.
Champs d’un lointain passé
Où les combats des hommes victorieux me sont contés d’un souffle entêtant
Réduisant l’histoire en une poussière de temps.

Je reste vide face à ces pleines grâces d’un vert qui me dépasse.
Je perçois cette lame de feu en moi mais l’eau du ciel l’éteint,
Instantanément, sans compassion
Et je glisse dans les abysses du monde,
Infiniment, sans fond.

En cet instant, Dieu me parle directement et me demande « Crois-tu en moi ? »
Mais pourquoi devrais-je croire en quoi ou qui que ce soit ?
L’ange chute éternellement et je le regarde,
Avec moi, ici sans fin,
La seule chose en laquelle je crois et celle qui est avec moi.

Ses ailes de chaos caressent l’écorce du monde,
Leurs battements donnent le tempo aux cœurs des hommes,
Et les passions les brûlent du sein qu’il leur donne.
Je les regarde boire le lait divin de cette chose qui s’offre,
Ici sans concession, pour l’âme de ces pauvres hommes.

Un seul lui a résisté, ici dans ce désert humain,
Depuis, ensemble, nous sombrons indéfiniment dans le brouhaha d’une boule
N’ayant plus de bleu que ses abysses recouvertes des bateaux
Voguant vers un horizon vaporeux.
Alors, seul être vertueux, maintenant crois en nous,
Aime-nous, comme tu as su nous aimer dès le premier jour
De ta chute infinie et ta passion sans fin…

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