Je suis cette couleur que tu condamnes au grenier sans fenêtres de ton cœur
Celle qui fait danser les voyelles et ouvrir les roses de minuit
Celle qui traverse les miroirs sans les briser
Celle qui fait danser les voyelles et ouvrir les roses de minuit
Celle qui traverse les miroirs sans les briser
Sans geste préalable, sans annonce aux sentinelles sombres de la réalité
J’abolis à l’encre vive et luisante les chimères du dedans
Les ombres obscènes qui tissent leurs toiles dans ma poitrine-cathédrale
Les sanglots pétrifiés en stalactites de sel cristallisé
Toute cette nuit fossilisée qui pèse sur mes côtes comme un monde englouti
Aujourd’hui je ne crains plus rien de vivant
Ni la lame souriante, ni le feu consolant
Pas même le vide qui appelle depuis le fond des abîmes…
Ni la lame souriante, ni le feu consolant
Pas même le vide qui appelle depuis le fond des abîmes…
Mais je crains encore de croiser ta rancœur si liquide
Tes humeurs de brume acide et violette qui s’immisce en chaque mot
Ce pourpre malade qui suinte du grenier où tu m’enfermes
Cette couleur blessée qui est mon nom secret
Et que tu refuses de prononcer dans la lumière





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