Quarante-cinq poèmes de W.B. Yeats

Certaines œuvres poétiques traversent les siècles comme des phares dans la nuit, guidant les âmes éprises d’éternité à travers les brouillards du temps. Quarante-cinq poèmes de William Butler Yeats, dans cette magnifique édition bilingue établie par Yves Bonnefoy, appartient à cette catégorie rare d’ouvrages qui ne cessent de nous parler, génération après génération. Le poète irlandais, prix Nobel de littérature en 1923, a composé une œuvre qui marie avec une grâce inégalée le souffle lyrique celte, la méditation métaphysique et l’interrogation passionnée sur le destin de l’Irlande. Cette sélection, fruit du travail exigeant de Bonnefoy, lui-même immense poète, nous offre l’essentiel de la vision yeatsienne : la quête d’une Irlande mythique et spirituelle, la méditation sur le passage du temps, la célébration de la beauté féminine, l’exploration des cycles cosmiques et historiques. L’édition bilingue permet d’approcher la musicalité originelle de l’anglais tout en bénéficiant de la traduction lumineuse de Bonnefoy, qui sut restituer en français la densité symbolique et la puissance incantatoire de ces vers. Ajoutons à ces quarante-cinq poèmes la pièce théâtrale La Résurrection, dialogue mystérieux et profond sur le mystère pascal, et nous tenons là un volume essentiel pour quiconque cherche à comprendre l’une des voix majeures de la modernité poétique.

Les trois âges d’un visionnaire

La couverture de cette édition frappe immédiatement par sa composition énigmatique. Sur un fond blanc immaculé se détache le nom de l’auteur en lettres capitales d’un vert profond, ce vert qui évoque l’Irlande éternelle, ses collines brumeuses et ses légendes anciennes. Le titre, Quarante-cinq poèmes, s’inscrit en caractères noirs élégants, sobre et digne, annonçant une sélection rigoureuse plutôt qu’une œuvre complète. La mention « suivi de La Résurrection » ouvre déjà une perspective théâtrale et mystique.

Mais c’est la photographie centrale qui retient le regard et interroge. Trois portraits de Yeats, ou plutôt trois moments d’un même visage, se succèdent horizontalement dans un cadre teinté d’une lumière verdâtre. À gauche, le poète jeune, le regard intense derrière des lunettes rondes, cheveux sombres et visage encore marqué par la fougue de la jeunesse. Au centre, l’homme mûr, front haut et regard plus grave, portant le poids des années et des combats pour l’Irlande. À droite, le vieillard, visage creusé mais regard toujours perçant, ayant atteint cette sagesse que seul le temps confère. Cette triple représentation n’est pas anodine : elle illustre parfaitement l’obsession yeatsienne pour les cycles, pour la théorie des gyres qu’il développa dans sa philosophie ésotérique. Le temps n’est pas linéaire mais spiralé, les âges se répondent, le jeune homme contient déjà le vieillard qui le hantera.

Le choix éditorial de Gallimard, avec son logo NRF discret et la mention « Poésie », ancre l’ouvrage dans la plus haute tradition poétique. Cette couverture est un seuil, elle nous invite à franchir le portail qui sépare le monde ordinaire du royaume des symboles et des visions. Elle annonce une poésie qui n’est pas seulement jeu de mots ou exercice formel, mais quête spirituelle, tentative de saisir l’invisible à travers le visible.

Le dernier barde d’Irlande

William Butler Yeats naquit à Dublin le 13 juin 1865, dans une famille protestante anglo-irlandaise marquée par les arts. Son père, John Butler Yeats, était un peintre portraitiste réputé qui encouragea très tôt chez son fils le goût pour la beauté et la méditation esthétique. Son enfance fut partagée entre Dublin et le comté de Sligo, cette région de l’ouest irlandais qui devint pour lui la terre mythique par excellence, réservoir inépuisable de légendes et de paysages envoûtants. Les lacs, les collines brumeuses, les ruines des tours médiévales de Sligo nourrirent son imagination et devinrent les décors récurrents de sa poésie.

Adolescent, Yeats découvre la poésie romantique anglaise Shelley, Keats, Blake mais aussi les légendes celtiques que collectait alors le mouvement de renaissance gaélique. Cette double influence marque profondément son œuvre : la musicalité du romantisme anglais rencontre l’imaginaire mythologique irlandais pour créer une voix unique. Dès ses premiers recueils The Wanderings of Oisin (1889), The Wind Among the Reeds (1899), Yeats se révèle comme le chantre d’une Irlande rêvée, peuplée de fées, de héros légendaires et de symboles mystiques.

Mais Yeats ne fut pas seulement un poète esthète. Il s’engagea activement dans la lutte pour l’indépendance culturelle de l’Irlande, cofondant en 1899 le prestigieux Abbey Theatre de Dublin, scène majeure du renouveau dramatique irlandais. Sa passion pour Maud Gonne, actrice révolutionnaire d’une beauté légendaire, traversa toute son existence. Cet amour non partagé – Maud refusa à plusieurs reprises de l’épouser – devint l’un des thèmes centraux de sa poésie. Elle incarne pour lui l’Irlande elle-même : belle, inaccessible, tragique.

Parallèlement à son œuvre poétique et théâtrale, Yeats explora passionnément l’occultisme. Membre de la Golden Dawn, société ésotérique britannique, il étudia la kabbale, l’astrologie, le symbolisme hermétique. Cette quête spirituelle culmina dans son ouvrage étrange A Vision (1925), où il développe une théorie cyclique de l’histoire fondée sur les gyres, spirales entrecroisées symbolisant les mouvements de l’âme et des civilisations. Cette philosophie nourrit ses poèmes tardifs, donnant à sa méditation sur le temps et l’histoire une dimension cosmique.

En 1923, le prix Nobel de littérature consacra son génie. Yeats devint sénateur du nouvel État libre d’Irlande, continuant à écrire jusqu’à sa mort à Roquebrune-Cap-Martin, en France, le 28 janvier 1939. Son corps fut rapatrié en Irlande en 1948 et repose sous le Ben Bulben, montagne sacrée de Sligo qu’il avait chantée. Sur sa tombe, l’épitaphe qu’il composa lui-même : « Cast a cold eye / On life, on death. / Horseman, pass by! » quatre vers qui résument toute sa philosophie.

Architecture poétique et musique des sphères

Ouvrir Quarante-cinq poèmes, c’est pénétrer dans un temple où résonnent les voix entremêlées du temps, du mythe et de l’histoire. Yves Bonnefoy a composé cette anthologie avec un art consommé, suivant un parcours qui va des premiers poèmes symbolistes et crépusculaires aux grandes méditations métaphysiques de la maturité. Chaque poème est donné dans sa version originale anglaise face à la traduction française, permettant au lecteur d’éprouver la double vérité du texte : la mélodie de l’anglais yeatsien et la densité philosophique restituée par Bonnefoy.

Les premiers poèmes nous plongent dans un univers féerique et mélancolique. « The Lake Isle of Innisfree » chante le désir d’un retour à la nature, à une vie simple loin de l’agitation urbaine « I will arise and go now, and go to Innisfree / And a small cabin build there, of clay and wattles made ». La musique de ces vers, leur rythme berceur, évoque les incantations druidiques. Yeats puise dans le folklore irlandais selkies, leprechauns, reines des fées pour créer une mythologie personnelle qui transcende le pittoresque. Ces poèmes de jeunesse respirent une nostalgie profonde, celle d’un monde enchanté menacé par la modernité.

Mais très vite apparaissent les poèmes consacrés à Maud Gonne. « When You Are Old », inspiré de Ronsard, est l’un des plus bouleversants : le poète imagine sa bien-aimée vieillissante, se souvenant de celui qui l’aima « avec l’amour de l’âme pèlerine » quand les autres n’aimaient que sa beauté passagère. La sobriété du ton, la retenue émotionnelle, rendent le poème d’autant plus poignant. Yeats ne se lamente pas, il constate avec une lucidité désenchantée la fuite du temps et l’inévitable dégradation des formes terrestres.

Au fil de la sélection, la tonalité se durcit. Les poèmes de la période intermédiaire reflètent les bouleversements politiques de l’Irlande : l’insurrection de Pâques 1916, la guerre d’indépendance, la guerre civile. « Easter 1916 » transforme en légende les insurgés fusillés : « A terrible beauty is born. » Cette formule paradoxale résume tout le génie yeatsien : saisir dans le tragique historique une dimension esthétique et spirituelle. La violence n’est pas glorifiée mais transfigurée, élevée au rang de symbole. Les noms des morts MacDonagh, MacBride, Connolly, Pearse sont inscrits dans le marbre du vers comme dans la mémoire collective.

Les poèmes tardifs atteignent une gravité métaphysique saisissante. « The Second Coming » prophétise l’effondrement de la civilisation chrétienne et l’avènement d’un nouvel âge : « Things fall apart; the centre cannot hold / Mere anarchy is loosed upon the world ». L’image de la « rough beast » qui s’achemine vers Bethléem pour naître hante encore notre époque. Yeats perçoit la crise spirituelle de l’Occident avec une acuité visionnaire. « Sailing to Byzantium » médite sur le désir d’échapper au temps, de se transmuer en œuvre d’art immortelle – l’oiseau mécanique d’or qui chante éternellement à l’empereur de Byzance. La vieillesse du poète se fait quête d’éternité, aspiration à transcender la chair périssable.

La langue de Yeats fascine par son équilibre entre tradition et modernité. Il utilise des formes classiques – sonnet, ballades, vers blancs – mais les charge d’une énergie contemporaine. Ses images puisent dans le trésor mythologique celte – Cuchulain, Oisin, Deirdre – mais aussi dans l’histoire byzantine, la cosmologie hermétique, la statuaire grecque. Cette richesse référentielle n’alourdit jamais le vers : elle le nourrit, lui confère une profondeur archétypale. Chaque poème semble contenir des strates de sens, comme une terre ancienne où affleurent des fragments de civilisations disparues.

La traduction d’Yves Bonnefoy mérite une attention particulière. Bonnefoy, grand connaisseur de la poésie anglaise, a su restituer non pas la lettre mais l’esprit de Yeats. Il sacrifie parfois les rimes pour préserver le rythme, la densité conceptuelle. Sa prose poétique française capte l’essentiel : la gravité, la musicalité intérieure, la charge symbolique. Lire Yeats dans la version de Bonnefoy, c’est rencontrer deux poètes en dialogue, deux voix qui se répondent par-delà la langue.

La Résurrection, qui complète le volume, offre un contrepoint théâtral à la poésie. Cette pièce brève met en scène trois personnages un Grec, un Hébreu, un Syrien discutant de la résurrection du Christ. Le dialogue explore les différentes interprétations du mystère pascal, résurrection du corps ou symbole spirituel ? Yeats médite ici sur le conflit entre raison et foi, entre l’héritage grec et la révélation chrétienne. Le dénouement, où le Christ ressuscité apparaît avec son cœur battant, affirme la réalité charnelle du miracle contre toute rationalisation. Cette pièce achève le volume sur une note mystique, rappelant que pour Yeats, la poésie n’est jamais séparée de la quête du sacré.

Philosophie des cycles et mystique de l’instant éternel

Au cœur de la pensée yeatsienne se trouve une vision cyclique de l’histoire et de l’existence. Influencé par les philosophies ésotériques, Yeats conçoit le temps non comme une ligne droite menant au progrès, mais comme une série de spirales, les gyre, s’entrecroisant et se renouvelant. Chaque civilisation naît, atteint son apogée, puis décline pour laisser place à une nouvelle. L’ère chrétienne de deux mille ans touche à sa fin, et une nouvelle révélation se prépare, c’est le sens du poème « The Second Coming ». Cette philosophie de l’histoire rejoint les intuitions de Vico, de Nietzsche et de Spengler, mais Yeats y ajoute une dimension occulte et symbolique.

Cette conception cyclique s’enracine dans la tradition celtique, où le temps est toujours recommencement, où les morts reviennent hanter les vivants, où les saisons tournent en une ronde éternelle. Les anciens Irlandais ne croyaient pas au progrès linéaire, ils vivaient dans un monde enchanté où passé, présent et futur se mêlaient. Yeats ravive cette sagesse archaïque pour critiquer la modernité, son matérialisme, sa foi naïve dans le progrès technique. Il oppose à la mécanisation croissante du monde une vision organique et spirituelle où l’homme reste lié aux forces cosmiques et aux archétypes éternels.

Mais cette philosophie n’est pas fataliste. Si l’histoire se répète, chaque moment contient néanmoins sa propre éternité. Dans « Among School Children », Yeats médite devant des enfants studieux et se souvient de Maud Gonne enfant. Il perçoit soudain l’unité profonde de tous les âges de la vie : l’enfant contient le vieillard, le vieillard reste l’enfant. Le poème s’achève sur la célèbre interrogation « How can we know the dancer from the dance? » comment séparer l’être de son acte, la forme de son mouvement ? Cette question dissout les dualismes occidentaux : corps et âme, matière et esprit ne sont pas opposés mais unis dans la danse cosmique.

La quête de Yeats est fondamentalement mystique. Il cherche à percer le voile qui sépare le visible de l’invisible, le temporel de l’éternel. Ses poèmes sont peuplés de visions, de symboles hermétiques – la rose, la tour, l’escalier en spirale, le faucon tournoyant. Ces images ne sont pas de simples ornements : elles fonctionnent comme des clés ouvrant sur des réalités suprasensibles. La tour, par exemple – Thoor Ballylee, qu’il acheta et restaura –, symbolise l’ascension spirituelle, la quête solitaire du poète-mage qui s’élève au-dessus du monde profane.

Cette dimension ésotérique pourrait sembler datée, vestige d’un romantisme tardif. Mais elle répond à une exigence profonde : réenchanter le monde, retrouver le sens du sacré dans une civilisation sécularisée. Yeats refuse la réduction positiviste de l’univers à un mécanisme sans âme. Il affirme que la poésie est connaissance, qu’elle accède à des vérités inaccessibles à la raison discursive. Les mythes ne sont pas des fables primitives mais des expressions symboliques de réalités éternelles. Cette conviction rapproche Yeats des traditions platoniciennes, gnostiques et hermétiques qui ont toujours affirmé la primauté du spirituel sur le matériel.

L’amour, chez Yeats, participe de cette quête métaphysique. Son amour pour Maud Gonne n’est pas simple passion romantique : il est initiation, voie d’accès à l’absolu. Maud incarne l’anima, la figure féminine archétypale qui guide l’homme vers la connaissance de soi. Que cet amour reste non consommé n’est pas un échec mais une nécessité : le désir préservé alimente la création poétique, maintient vivante la tension vers l’impossible. La femme aimée devient muse, médiatrice entre le poète et l’invisible.

Enfin, Yeats médite constamment sur le mystère de l’identité et de la transformation. Ses poèmes explorent les masques, les personnages multiples que nous endossons. Dans sa théorie des anti-selves, il affirme que chaque être possède un double opposé, un masque contraire qu’il doit assumer pour atteindre la plénitude. Le timide doit jouer l’audacieux, le sensuel le spirituel. Cette psychologie des contraires annonce Jung et reflète l’expérience même de Yeats : homme frêle et rêveur, il se forgea un masque de hauteur aristocratique et de force spirituelle.

En conclusion

Que nous dit Yeats aujourd’hui, dans notre monde fracturé et désenchanté ? Beaucoup, sans doute. Sa méditation sur l’effondrement des civilisations résonne douloureusement dans notre époque de crises multiples, écologique, politique, spirituelle. Son refus de la modernité utilitariste parle à tous ceux qui ressentent l’appauvrissement d’un monde réduit à sa dimension marchande. Sa quête du sacré répond à la soif spirituelle qui travaille souterrainement nos sociétés sécularisées.

Cette édition bilingue est un trésor pour plusieurs publics. Les amateurs de poésie y trouveront l’une des œuvres majeures du XXe siècle, portée par la traduction inspirée de Bonnefoy. Les étudiants de littérature anglaise pourront comparer l’original et la traduction, mesurer les défis et les réussites de la transposition poétique. Les chercheurs de sens y découvriront une pensée profonde, nourrie de traditions ésotériques et de sagesses anciennes. Les Irlandais de cœur rencontreront la voix qui chanta leur terre avec le plus de passion et de génie.

Yeats n’est pas un poète facile. Sa symbolique exige du lecteur patience et ouverture. Ses références occultistes peuvent déconcerter. Mais cette difficulté même est richesse : chaque lecture révèle de nouvelles profondeurs, de nouveaux échos. Ces poèmes ne se consument pas à la première rencontre ; ils accompagnent une vie, murmurant leurs vérités aux différents âges de l’existence. Le jeune homme y trouvera l’ivresse de la beauté et de la révolte ; l’homme mûr, la méditation sur le pouvoir et l’histoire ; le vieillard, la sagesse face à la mort et au temps qui passe.

Ce volume appartient à cette catégorie rare d’ouvrages qui ne vieillissent pas. Publié dans la prestigieuse collection Poésie de Gallimard, il trouve sa place aux côtés des classiques éternels. Lire Yeats, c’est s’exposer à une parole qui ébranle, questionne, émeut. C’est consentir à être dérangé dans ses certitudes, invité à regarder le monde avec des yeux neufs. C’est accepter que la poésie n’est pas ornement mais nécessité, non pas divertissement mais voie de connaissance. Dans notre époque bavarde et distraite, cette voix grave et mesurée nous rappelle ce que peut la langue quand elle se met au service de l’essentiel.


Informations éditoriales :

  • Titre complet : Quarante-cinq poèmes suivi de La Résurrection
  • Auteur : William Butler Yeats (1865-1939)
  • Éditeur : Gallimard, collection Poésie/NRF – Site de l’éditeur
  • Présentation, choix et traduction : Yves Bonnefoy
  • Format : Édition bilingue (anglais-français)
  • Année de publication : 1993 (pour cette édition)
  • Nombre de pages : 299 pages

Pour commander cet ouvrage : La Librairie

Je vous invite également à écouter le podcast sur W.B Yeats, disponible ici : La voie poétique de William Butler Yeats


David

Poète, Philosophe & humaniste, je tisse et partage mon univers contemplatif et symbolique au travers des sites VoiePoetique.com, ViaHermetica.com & Philosophos.fr Depuis plus de vingt années, je cultive la lecture, l'étude, l'écriture et la trans-mission d'une poésie sensible & symbolique ainsi qu'une philosophie pratique et spirituelle. À l'image des premiers philosophes et des poètes qui me touchent, ma démarche se veut accessible et exploratrice par l'image et le symbole, tentant de sonder avec délicatesse les contours de l'âme humaine et l'infini mystère de ce qui l'entoure.

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