Si seulement j’avais pu prendre ta douleur, mon frère,
Si j’avais pu saisir le mal qui t’affligeait, le faire entrer en moi pour t’en délivrer,
Si j’avais pu détourner le fouet de la destinée et prendre ses coups à ta place.
Rien de tout cela ne nous appartenait, mon frère,
Rien de tout cela n’était mérité.
Tu n’étais qu’un homme en quête d’un bonheur certain,
Comme tant d’hommes en quête de bonheur, incertain…
Mais toi tu le savais, tu avais cette conscience du monde.
Tu ne baissais jamais ton regard face aux épreuves,
Tu les affrontais vaillamment, sans jamais faiblir,
Et elles ont fini par te faire périr.
Périr dans ce qui te sert maintenant de dernière demeure.
Tu as rejoint ce monde si cher à ton cœur.
De ton vivant, tu ne parlais que de Lui,
De ce qu’Il pouvait être, de ce qu’Il serait pour l’homme sachant braver ses peurs.
Je pouvais t’écouter parler de cela durant des heures,
Appuyé là, tout contre ton âme, à essuyer les larmes qui coulaient sur ton visage.
Pendant ce temps, ton cœur mourait, je l’entendais.
Dans une triste complainte il mourait doucement, tranquillement, sûrement.
Mais la passion n’aura jamais quitté ta bouche.
Au final tu lui as tout donné et cela aura fait de toi le plus beau des hommes, mon frère.
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